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25/11/2012

Logique thérapeutique des oligoéléments du Dr Bruno Brigo

Brigo.jpgC'est comme je l'ai dit, le livre dont Boschiero s'est inspiré pour commettre son petit fascicule résultant d'un virage soudain en faveur d'une lithothérapie basée sur la chimie. Virage complètement raté qui à mon sens l'a conduit à se jeter sur un mur. Se rendra t-il compte de l'accident ? On peut en douter tellement il a tendance à tout mélanger.

C'est simple, je ne peux que faire l'éloge de cet ouvrage de 432 pages.

Une première partie répond aux quesitons que l'on se pose sur l'oligothérapie sa naissance, ses divers modes, et ses buts thérapeutiques.

Une seconde partie contient les fiches de matière médicale de chaque élément.

La troisième partie envisage divers syndrome selon 12 rubriques.

Enfin la questrième partie incorpore la lithothérapie déchélatrice comme étant une des alternatives thérapeutiques en la matière.

L'ouvrage se termine par une bibliographie et 3 index qui permettent de trouver dans le corps de l'ouvrage tout ce dont on a besoin pour un usage pratique.

Boschiero et la déchélation

A propos de la lithothérapie déchelatrice, j'ai remarqué que Boschiero n'y a rien compris. Il a l'ingénuité d'avouer ceci : les différentes définition que j'ai trouvées sur la lithothérapie déchélatrice ne sont pas d'une clarté limpide. Au sens strict du terme, la déchélation consisterait à capter les éléments toxiques ou des métaux lourds emprisonnés en excès.

Non non et non ! Ca c'est précisément la chélation ! La déchélation c'est exactement le contraire, c'est libérer les éléments catalysateurs utiles qui du fait d'une chélation sont inactivés. Boschiero confond les techniques consistant à extraire et saisir le molécules des métaux lourds avec des substance comme l'EDTA pour, après les avoir rendu inactifs par une complexion, les transporter vers des lieux du corps où ils peuvent être éliminés, c'est-à-dire éjectés dehors par les fèces ou l'urine par exemple.

Quand on ne comprend pas des choses aussi limpides, du moins sur le plan théoriques, on ne se mêle pas de médecine...

Cela dit je rappelle que je n'ai rien contre son Dictionnaire qui demeure pour l'instant un "usuel" pratiquement incontournable et tout ce qui s'y trouve n'est pas faux. Le problème c'est que quand il s'y trouve des notations justes elles ne sont jamais explicitées mais données comme le produit d'une sorte de "science infuse" mais tous les ouvrages de lithothérapie sont à peu près dans ce cas de figure.

Encore quelques remarques sur le "nouveau Boschiero"...

reynald_boschiero.pngDans la note précédante je m'en suis tenu à une vision très globale. En parcourant plus avant le livre, il m'est arrivé de me pincer en me demandant si je ne rêvais pas tant certains propos sont lourds de conséquences. Il va de soi que là encore, je n'entends donner que quelques aperçus car l'analyse en profondeur nécessiterait sans doute une bonne trentaine de pages d'une écriture serrée.

Dans son avant-propos, l'auteur reconnait avoir été influencé par le New Age américain. En tant que se disant principal soutien d'une lithothérapie énergétique, il impute ce caractère au chamanisme amérindien qui aurait inspiré la litho à l'américaine.

Non seulement, la prétention des américains à avoir été inspirés par les chamanes amérindiens demande à être prouvée mais la notion d'énergétique repose essentiellement sur les chakras et les couleurs associées et ça ne vient pas des U.S.A. mais de l'Inde au travers du filtre théosophique d'un Leadbeater. Or cela relève aussi d'un certain "ésotérisme" puisque la connaissance des énergies subtiles ne relève pas d'un courant scientifique moderne mais d'une tradition religieuse et philosophique, indienne mais de l'Est, en l'occurence. 

Ensuite l'auteur dit avoir perfectionné ses connaissances en énergétiques en se plongeant dans les traditions spirituelles et ésotériques occidentales, l'énergétique de la médecine traditionnelle chinoise (dont il ne connait que le Yin/Yang et nullement la théorie des cinq organes et la spiritualité indienne. Au travers des tripatouillages théosophiques, rappelons le...

Tout cela pour en arriver à presque rejeter le prétendu "carcan ésotérique" au millieu duquel il a surnagé vaille que vaille, et ce, au profit de la chimie. En fait, ce qui est clair, c'est que M. Boschiero ne sait plus trop quoi faire pour conforter son "leadership"...

Mais il y a plus surprenant, encore !

La condamnation des élixirs minéraux

J'avais seulement remarqué, jusqu'à présent, que Boschiero s'était borné à une mise en garde envers les élixirs de minéraux contenant des métaux lourds. Mais voilà qu'il a consacré une page et demi pour ruiner la partique des elixirs. Je cite :

Tout ce que l'on risque d'obtenir, c'est une solution des éléments chimiques dans l'eau (...) éventuellement un faible transfert énergétique et une prolifération bactérienne.

Et moi je voudrais bien voir la tête que vont faire les lithothérapeutes qui vendent des elixirs, Michel Dogna et Sylvie Chrochet pour n'en citer que deux...

C'est une véritable BOMBE que vient de lancer dans la cour de ses collègues, notre Boschiero ! Est-il conscient de l'onde de choc qui risque de lui revenir tel un boomerang ?

Le problème c'est bien que Boschiero risque, cette fois, d'avoir dit quelque chose de très juste. J'ajouterai pour ma part que je viens d'apprendre que Dogna aurait tiré ses élixirs floraux en faisant subir une dilution korsakovienne aux élixirs produits par le laboratoire Deva...

Elixirs de distillation

Le problème c'est que Boschiero raconte n'importe quoi. Il a consacré deux pages verbeuses à un procédé de distillation de la poudre de pierre sans se rendre compte de la différence avec la distillation des huiles essentielles. La distillation vise une séparation entre le lourd et le léger. Les huiles essentielles surnagent.

Dans le cas d'une distillation de pierre finement pulvérisée auquels on ajoute de l'eau, rien absolument rien ne peut surnager. D'autre part, nous savons que la chaleur détruit la dynamisaiton d'une eau Violet au delà de 65°. Dans ces conditions, on ne risque guère de trouver dans l'eau qui s'est condensée une quelconque "matière philosophique" comme l'appelait Jean Pagot...

Je suis tout simplement sidéré par l'inconsistance du propos qui dénote une somme d'ignorance et de confusion telle que j'ai l'impression très nette que notre auteur est en train de se tirer une balle dans le pied.

Aluminium

Je prends à présent le premier élément qui me tombe sous la main. Je constate d'abord que Boschiero cite 42 minéraux contenant de l'aluminium. Donc si un patient a besoin d'aluminium, on fait quoi puisqu'il y en a partout ou presque ?

Maintenant je me reporte à la fin de la notice où j'apprends que l'aluminium est éliminé de l'arganisme dès son ingestion. Alors rassurez-vous, il vous faudrait consommer de l'aluminium en grande quantités sur de longues périodes....

Le problème c'est qu'il y a aluminium et aluminium et que tout dépend de la forme sous laquelle il se présente et là, à vrai dire, on ne sait pas grande chose, si ce 'nest que les hydroxydes sont très suspects.

Je note, dans le même ordre d'idée, qu'au chapitre de l'argent, Boschiero pointe le danger d'argyrie mais sans nous dire qu'il résulte de certaines combinaisons de l'ions argent... 

Bref, je suis obligé de dire que si Boschiero a puisé chez le Dr Bruno Brigo pour nourrir son livre, il en résulte un devoir qui est bien en dessous d'un travail purement scolaire de synthèse. Les bras m'en tombent !

Sa compréhension de l'alchimie

On voit bien que Boschiero s'est inspiré d'ouvrages de vulgarisation. Son livre paraît avoir de la gueule parce qu'il est aisé de trouver de belles images. Je prends un passage presque au hasard : 

Paracelse, alors que de nombreux alchimistes sépuisaient à leurs vaines recherches sur la transmutation des métaux, Paracelse orienta délibérément ses travaux vers la recherche thérapeutique.

C'est oublier que l'alchimie comporte deux volets : la transmutation des métaux vils (tant au propre qu'au figuré dans l'achimie dite spirituelle) et la spagyrie qui est l'application médicale.

Par exemple, bien que s'étant opposé aux thèses de l'astrologie zodiacale, il restait convaincu que l'apparition de maladies provenait de configurations astrales particulières (...)

Là on aimerait savoir où il a péché l'idée que Paracelse aurait été opposé à l'astrologie zodiacale, il faudrait expliquer pour commencer à quel point le fait de vouloir faire correspondre les pierres avec un signe du zodiaque est une connerie ! Les signes du zodiaque sont en fait ce que l'on pourrait appeler des modulateurs de l'influence des planètes, comme éléments actifs.

Mais en fait il n'y a aucune "influence" mais pure synchronicité entre une disposition qui n'a de valeur que symbolique. Les astres sont signes et non cause selon Plotin mais apparement aucun astrologue n'a encore compris cela. Même pas Jung qui quoique inventeur du concept de synchronicité a déclaré qu'un natif, à l'instar d'un vin possède les qualités de l'année qui l'a vu naître. Cette sottise prouve, de la part de Jung, une confusion entre la météorologie et l'astrologie.

Je vais m'arrêter là, le nouveau livre de Boschiero est séduisant par son apparence mais je ne vois pas trop ce que l'on peut tirer de tout cela mis à par les pages terminales qui ne courent que tès imparfaitement le sujet.